mercredi 12 mars 2008

L’Arche, ou des bidons sur le passage ?

Par: Guy Gervis

Photos: Guy et Miriam

Quand j’ai entendu parler d’une manifestation artistique sur les deux côtés de l’Arroux à Etang, j’ai tout de suite eu en tête l’idée d’une arche de bidons de plastique vides, qui traverserait l’Arroux – un peu fou mais pas cher – et qui donnerait un peu d’importance à la manifestation.

Modèle pont de Sjoerd et l'arche de Guy

Les gens m’ont expliqué la grande difficulté de trouver suffisamment de bidons, mais j’ai toujours pensé que ça devait être possible, et avec les grands efforts de ma femme Marga, oui c’était possible.

Pour moi la chose intéressante c’était comment peut-on faire une arche de bidons, et au début je n’avais aucune idée comment on peut le faire. Bientôt j’ai découvert qu’il y a le problème de la forme de l’arche, et la construction d’un module de bidons.

La forme a passé par plusieurs variations, mais le module était le plus régulier. Bientôt j’ai réalisé que les bidons doivent être sous tension, et j’ai essayé trois fils de fer pour enfiler les bidons. J’ai trouvé que les bidons de 5 litres, plus ou moins rectangulaires alternées avec des bidons de 3 litres plus ronds et moins réguliers marchaient bien. Mais c’était un cauchemar d’enfiler le fil de fer qui n’était pas tout droit au travers des bidons. J’ai choisi 4mm pour le fil de fer tout droit et Hubert Brochot m’a suggéré un cric pour mettre les bidons sous tension. Heureusement pendant les plusieurs mois que j’ai fabriqué les modules ma voiture n’a pas eu besoin de son cric ! Le premier contrôle sur la longueur des modules c’était la longueur de ma voiture limitant le fil de fer à 2.5 mètres.

J’ai supposé que mettre sous tension une ligne de bidons serait du gâteau, mais ce ne l’est pas. J’ai trouvé finalement qu’après environ 60cm les bidons ne passent pas la tension à d’autres bidons, et pour un module de 1.9mètres il a fallut mettre les bidons sous tension en trois groupes séparés.

A ce moment là je m’intéressais à une arche qui formait un quart de cercle, mais la structure n’était pas claire, en partie parce que les qualités structurelles des modules n’étaient pas établies. Mais en tout cas c’était important de penser à la manière dont l’arche pouvait être érigée et j’ai parlé avec Bernard Guinot, et je lui aie montré un module typique. Il m’a dit oui, il gérera le montage de l’arche, mais que ce serait beaucoup plus simple si l’arche était entre deux arbres, avec un câble au dessus de l’arche pour la soutenir, et cela a tout changé. La forme de l’arche des bidons et la structure étaient séparés !

Quand même j’ai continué avec l’idée d’une arche d’un quart de cercle, mais quand le grand jour du montage est arrivé, avec l’engin rouge qui a élevé M. Guinot et son compagnon plus de 15 mètres dans l’air au dessus de l’Arroux pour attacher le grand câble aux arbres, chaque côté de la rivière, le fait que le câble se détendait beaucoup plus que prévu n’a été compris que plus tard, quand la plus part des bidons étaient en position, en formant une ‘arche’ un peu spéciale!


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